De : Michel Dakar

Paris, le 8 juillet 2005

 

A : Son Excellence
M. Jacques HUNTZINGER
Ambassadeur de France,
112, Promenade Herbert-Samuel
P.O. box 3480
Tel-Aviv - Israël

 

Lettre adressée en recommandé
avec demande d'avis de réception,

 

Copies de ce courrier adressées à :
- Ministère des Affaires Etrangères,
- Présidences de l'Union Européenne, et du Conseil de l'Europe.

 

 

Monsieur l'Ambassadeur,

 

Je vous demande la communication de la copie de la revue de presse complète, diffusée par Internet ou par d'autres moyens, élaborée par votre ambassade, et datée du 11 mai 2005.

Cette demande est motivée par l'utilisation du contenu de cette revue de presse de ce jour, par les sites Internet « a7fr.com «  et «  desinfos.com », dans la propagation d'une fausse nouvelle, relative à un organisme privé nommé «  E.U.M.C. » émanant du Congrès Juif Mondial, et qui est en relation avec le Conseil de l'Europe.

L'E.U.M.C., dont le logotype imite ceux des services de l'Union Européenne, est présenté implicitement par ces sites comme étant une administration de l'Union Européenne, et ses publications, comme étant des documents à valeur officielle, de l'Union Européenne.

Cette qualité fallacieuse de l' « E.U.M.C. », ainsi que l'un des documents que cette organisation publie, document dont le contenu a servi de base à la fausse information diffusée par les deux sites en question, sont utilisés comme arguments valides, dans une procédure actuellement menée par une

Vice-Procureur à Paris, Madame Sylvie Kachaner.

Je vous prie de recevoir, Monsieur l'Ambassadeur, l'expression de mes respects.

 

M.DAKAR

 

Pièces jointes : 3

N° 2/4, copie de l'article de «  desinfos.com », daté du 15 mai 2005, un feuillet,
( http:// www.desinfos.com/article.php?id_article=3296 ).

N° 3/4, copie de l'article de « a7fr.com », daté du 17 mai 2005, un feuillet,
( http:// www.a7fr.com/news.php?id=56446 ).

N° 4/4, copie du document de l'E.U.M.C., un feuillet,
http:// www. eumc.eu.int / eumc/material/pub/AS/AS-WorkingDefinition-draft.pdf )

Référence Internet de ce document, http:// www. codeig.net / ambassade-israel-eumc-huntzinger.html

 

 

Article de " a7fr.com " :

( http:// www.a7fr.com/news.php?id=56446 ).

L'Europe redéfinit l'antisémitisme

17 Mai 2005  

L'Union européenne a officiellement décidé de redéfinir les paramètres de l'antisémitisme à partir des nouvelles réalités et des attaques incessantes que subit l'Etat d'Israël. Entre autres clauses, les signataires affirment que nier le droit à l'existence de l'Etat d'Israël est une forme d'antisémitisme ainsi que les actes de terrorisme touchant des Juifs. Cependant, les Etats membres n'ont pas cru nécessaire de préciser que les actes de terrorisme perpétrés contre des Israéliens procédaient également de l'antisémitisme. D'aucuns ont fait remarquer qu'étant donné que la majorité des Israéliens étaient juifs, il n'était pas utile d'exiger une telle précision.

Pour la première fois donc, l'Europe a élaboré, rédigé et fait adopter une définition officielle et détaillée du terme ‘antisémitisme'. Cette définition établit une frontière entre une critique légitime d'Israël et une critique antisémite. Mais le plus surprenant c'est qu'elle a aussi affirmé que nier le droit à l'existence de l'Etat d'Israël en tant qu'Etat juif, qui répondait au désir d'autodétermination du peuple juif, était une forme d'antisémitisme.
Le document européen a aussi défini comme étant une expression antisémite les appels à tuer des Juifs ou à leur faire violence, à collaborer ou à inciter à des actes de violence contre des Juifs. D'autre part, la déclaration exprime de façon très claire que proférer des violences verbales ou physiques contre l'Etat d'Israël, en tant que «collectif juif», dire que l'existence du peuple juif en Israël est du racisme, comparer la politique d'Israël à celle des nazis et exiger d'Israël un comportement différent de celui qui est exigé d'autres Etats démocratiques, sont considérés comme étant des actes antisémites.
L a déclaration européenne établit aussi que le négationnisme est une forme d'antisémitisme, ainsi que d'accuser le peuple juif et Israël d'avoir inventé la Shoah pour bénéficier d'un Etat, comme l'a fait dans sa thèse de doctorat d'Histoire Abou Mazen. Cependant l'Europe a quelque peu négligé l'attachement spirituel des Juifs de la Diaspora à l'Etat d'Israël puisqu'elle déclare : «Faire endosser collectivement au peuple juif la responsabilité de ce que fait Israël est une forme d'antisémitisme».
Cette nouvelle définition établie par l'Union européenne devrait servir de document de référence qui permettra aux institutions de la communauté et aux Etats membres de combattre efficacement l'antisémitisme. I.S

 

 

Article de " desinfos.com " :

( http:// www.desinfos.com/article.php?id_article=3296 ).

Depuis Septembre 2000, DesINFOS .com est libre d'accès et gratuit
pour vous donner une véritable information sur Israël.
« Il n'y a pas de liberté sans liberté d'informer »

L'antisémitisme vu par l'Union Européenne
15 mai 2005 - Deletto

Les attaques verbales ou physiques contre l'Etat d'Israël, en tant que « collectivité juive », peuvent être assimilées à l'antisémitisme.

« L'Europe a arrêté une définition de l'antisémitisme », annonce dans le Yediot Aharonot Eldad Beck, correspondant du journal à Berlin." La presse israélienne énonce un certain nombre de cas d'antisémitisme et ses propres interprétations.

Extrait de la revue de la presse israélienne du 11 mai 2005 établie et publiée par l'ambassade de France à Tel Aviv

Maintenant, c'est officiel : nier le droit à l'existence de l'Etat d'Israël est une forme d'antisémitisme, et les actes de terrorisme dirigés contre les Juifs découlent de l'antisémitisme - souligne le journaliste.

Il s'agit d'une prise de position officielle de l'Union européenne, dans un document détaillé qui définit l'antisémitisme avec précision et trace une limite claire entre la critique acceptable de l'Etat d'Israël et la critique proprement « antisémite ». La définition a été élaborée par l'Observatoire européen de l'antisémitisme et de la xénophobie, dont le siège est à Vienne (Autriche).

Le Yediot ajoute que ce document pose que nier le droit à l'existence de l'Etat d'Israël, dans le cadre du droit à l'autodétermination du peuple juif, et les appels ouverts à tuer les Juifs ou à leur nuire sont des actes antisémites.

Les attaques verbales ou physiques contre l'Etat d'Israël, en tant que « collectivité juive », peuvent être assimilées à l'antisémitisme. De cette manière, l'UE endosse le point de vue selon lequel les attentats terroristes contre les Juifs - en Israël et dans le monde - sont des fruits de l'antisémitisme.

Cette définition a été formulée après des débats très vifs au sein de l'Union européenne, concernant le caractère du « nouvel antisémitisme » qui a fait son apparition en Europe ces cinq dernières années. Il s'agit d'une « première définition de travail », dont le but est de permettre aux institutions de l'UE et aux Etats membres de lutter plus efficacement contre le phénomène.

Ce document a été communiqué aux communautés juives de l'Union, et le Yediot Aharonot a pu en recevoir une copie.

Sont définis comme antisémites :

la négation de la Shoah ; le refus de reconnaître le droit à l'autodétermination du peuple juif ; l'affirmation que l'existence de l'Etat d'Israël a un caractère raciste ; le fait d'exiger d'Israël d'appliquer des standards différents de ceux mis en pratique dans les autres pays démocratiques ; la comparaison entre Israël et l'Etat allemand nazi, etc.

 

 

Texte de l'EUMC ( voir traduction en français, plus bas ) :

 

http://eumc.eu.int/eumc/material/pub/AS/AS-WorkingDefinition-draft.pdf

 

WORKING DEFINITION OF ANTISEMITISM

The purpose of this document is to provide a practical guide for identifying incidents, collecting data, and supporting the implementation and enforcement of legislation dealing with antisemitism. Working definition: “Antisemitism is a certain perception of Jews, which may be expressed as hatred toward Jews. Rhetorical and physical manifestations of antisemitism are directed toward Jewish or non-Jewish individuals and/or their property, toward Jewish community institutions and religious facilities.” In addition, such manifestations could also target the state of Israel, conceived as a Jewish collectivity. Antisemitism frequently charges Jews with conspiring to harm humanity, and it is often used to blame Jews for “why things go wrong.” It is expressed in speech, writing, visual forms and action, and employs sinister stereotypes and negative character traits. Contemporary examples of antisemitism in public life, the media, schools, the workplace, and in the religious sphere could, taking into account the overall context, include, but are not limited to: Calling for, aiding, or justifying the killing or harming of Jews in the name of a radical ideology or an extremist view of religion.

Making mendacious, dehumanizing, demonizing, or stereotypical allegations about Jews as such or the power of Jews as collective — such as, especially but not exclusively, the myth about a world Jewish conspiracy or of Jews controlling the media, economy, government or other societal institutions. Accusing Jews as a people of being responsible for real or imagined wrongdoing committed by a single Jewish person or group, or even for acts committed by non-Jews. Denying the fact, scope, mechanisms (e.g. gas chambers) or intentionality of the genocide of the Jewish people at the hands of National Socialist Germany and its supporters and accomplices during World War II (the Holocaust). Accusing the Jews as a people, or Israel as a state, of inventing or exaggerating the Holocaust. Accusing Jewish citizens of being more loyal to Israel, or to the alleged priorities of Jews worldwide, than to the interests of their own nations. Examples of the ways in which antisemitism manifests itself with regard to the state of Israel taking into account the overall context could include: Denying the Jewish people their right to self-determination, e.g., by claiming that the existence of a State of Israel is a racist endeavor. Applying double standards by requiring of it a behavior not expected or demanded of any other democratic nation. Using the symbols and images associated with classic antisemitism (e.g., claims of Jews killing Jesus or blood libel) to characterize Israel or Israelis. Drawing comparisons of contemporary Israeli policy to that of the Nazis. Holding Jews collectively responsible for actions of the state of Israel. However, criticism of Israel similar to that leveled against any other country cannot be regarded as antisemitic. Antisemitic acts are criminal when they are so defined by law (for example, denial of the Holocaust or distribution of antisemitic materials in some countries). Criminal acts are antisemitic when the targets of attacks, whether they are people or property—such as buildings, schools, places of worship and cemeteries—are selected because they are, or are perceived to be, Jewish or linked to Jews. Antisemitic discrimination is the denial to Jews of opportunities or services available to others and is illegal in many countries.


Traduction en français du fichier en question du site de l'EUMC :

Définition opérationnelle de l'antisémitisme

L'objet de ce document est de fournir un guide pratique permettant d'identifier les incidents, de collecter des données et d'apporter un soutien (logistique) à la mise en vigueur et à l'imposition d'une législation relative à l'antisémitisme.

Définition opérationnelle : " L'antisémitisme est une perception donnée des juifs, qui peut prendre la forme de la haine à l'encontre des juifs. Les manifestations verbales et physiques d'antisémitisme sont dirigées contre des personnes juives – ou non-juives – et/ou contre leurs biens, contre des institutions de la communauté juive ainsi que contre ses lieux de culte. "

De plus, ces manifestations peuvent aussi prendre pour cible l'Etat d'Israël, en qualité de collectivité juive. L'antisémitisme accuse fréquemment les juifs de conspirer afin de faire du mal à l'humanité, et il y est souvent fait recours afin de faire endosser aux juifs " tout ce qui va mal ". Il s'exprime à travers le discours, les écrits, les visuels et les actes, en recourant à des stéréotypes sinistres et à des aspects négatifs de la personnalité.

Des exemples contemporains d'antisémitisme, dans la vie publique, les médias, les écoles, les lieux de travail et dans la sphère religieuse peuvent inclure, étant donné le contexte général, les faits suivants, non limitatifs :

1 – Appeler à, contribuer à, ou justifier l'assassinat ou l'agression de juifs au nom d'une idéologie radicale ou d'une conception religieuse extrémiste.

2 – Formuler des allégations fallacieuses, déshumanisantes, diabolisantes ou stéréotypées au sujet des juifs en tant que tels ou du pouvoir des juifs pris collectivement – tels, en particulier, mais non exclusivement, le mythe d'une conspiration juive mondiale, ou de juifs contrôlant les médias, l'économie, le gouvernement ou toute autre institution sociale.

3 – Accuser les juifs, en tant que peuple, d'être responsables pour des méfaits commis par un individu ou un groupe juifs, voire même pour des actes commis par des non-juifs.

4 – Nier la réalité, l'étendue, les mécanismes (telles les chambres à gaz) ou l'intentionnalité du génocide perpétré envers le peuple juif par l'Allemagne national-socialiste et ses partisans et complices au cours de la Seconde guerre mondiale (Shoah).

5 – Accuser les juifs, en tant que peuple, ou Israël, en tant qu'Etat, d'avoir inventé, ou exagéré, la Shoah.

6 – Accuser des citoyens juifs d'être plus loyaux envers Israël, ou envers les priorités alléguées des juifs, de par le monde, qu'envers les intérêts de leurs propres nations.

Des exemples de la manière dont l'antisémitisme se manifeste, lorsqu'il est question de l'Etat d'Israël, compte tenu du contexte général actuel, peuvent être, notamment :

1 – Le fait de dénier au peuple juif sont droit à l'autodétermination, notamment en affirmant que l'existence d'un Etat d'Israël est le résultat d'une action raciste.

2 – Le fait d'appliquer le " deux poids, deux mesures " en exigeant d'Israël un comportement que l'on n'attendrait ni a fortiori n'exigerait d'aucune nation démocratique autre que lui.

3 – Utiliser les symboles et les images associées à l'antisémitisme classique (tels, par exemple, les affirmations selon lesquelles les juifs auraient assassiné le Jésus-Christ ou les diffamations sanglantes [accusant des juifs d'avoir perpétré des meurtres rituels d'enfants, ndt]) afin de caricaturer Israël ou les Israéliens.

4 – Comparer la politique israélienne actuelle à celle des Nazis.

5 – Tenir les juifs collectivement responsables des actes de l'Etat d'Israël.

Toutefois, des critiques envers Israël similaires à celles qui sont formulées à l'encontre de n'importe quel autre pays ne sauraient être considérées antisémites.

Les actes antisémites sont criminels lorsqu'ils sont ainsi qualifiés par la loi (par exemple, le négationnisme de la Shoah ou la diffusion de documents antisémites, dans certains pays).

Des actes criminels sont antisémites quand les cibles des agressions, qu'il s'agisse de personnes ou de biens – tels des bâtiments, des écoles, des lieux de cultes et des cimetières – sont choisis parce qu'ils sont effectivement – ou parce qu'ils sont perçus comme étant – juifs, ou liés à des juifs.

La discrimination antisémite est le déni à des juifs d'opportunités ou de services offerts à d'autres [des non-juifs, ndt]. Elle est illégale dans de nombreux pays.


Limitations légales : Les opinions exprimées par les auteurs de ces documents ne reflètent pas nécessairement la position officielle de l'EUMC. Aucune mention d'une quelconque autorité, organisation, entreprise ni individu ne saurait impliquer une quelconque approbation, quels que soit leur statut et leurs compétences, de la part de l'EUMC. Ces documents sont mis à disposition en tant que guides d'information seulement, et ils ne sauraient, en particulier, représenter un avis légal.

Que faire de ce texte ? Voici ce qu'en dit l'EUMC :

Cette définition opérationnelle a pour but pratique de servir de guide de base pour les officines de collecte de données, tant officielles que non-officielles, en mettant en lumière des exemples possibles d'antisémitisme, en prenant en considération le contexte national général [dans lequel ces actes antisémites peuvent s'inscrire, ndt].

Le texte a été envoyé au réseau RAXEN de l'EUMC (ce réseau relie des organisations basées dans tous les pays de l'Union européenne, auxquelles l'EUMC sous-traite la collecte des données) pour qu'il soit distribué dans les différentes agences collectant des données, afin de recevoir un feed-back en ce qui concerne la fonctionnalité, l'effectivité et la pertinence de ces données en regard de leur situation nationale respective. Le rôle du réseau ne comporte pas le recueil de données primaires. Toutefois, étant donné que (ses membres) n'ont pas d'interaction directe avec les collecteurs de données primaires tant officiels qu'officieux, on leur a demandé de débattre de cette définition opérationnelle avec ceux-ci, et de fournir à l'EUMC une information en retour (feed-back) sur l'opinion qu'ils se forment de cette fonctionnalité.

Le texte sera révisé avec tous les partenaires concernés par le processus, et les prochaines étapes seront discutées avec l'OSCE / ODIHR ainsi qu'avec les associations juives.

Pour l'EUMC, la "définition opérationnelle [de l'antisémitisme, ndt] " est mise au point afin de fournir un outil pratique permettant de soutenir une collecte des données plus adéquate et elle s'insère dans un processus en cours dépourvu de fondement légal. De telles " définitions de travail ", formulées à des fins de collecte de données, améliorant la compatibilité et l'effectivité, seront également développées, à l'avenir, dans d'autres domaines.

L'implication de l'OSCE / ODIHR est particulièrement importante, étant donné que ces organisations ont fait savoir qu'elles collecteraient elles aussi des données sur l'antisémitisme dans un avenir proche. On le voit : il est important de faire un effort afin d'assurer cohérence et constance